Mini roman 2 :

Arthur Malfin, le premier internaute à nous avoir lâché ses idées parallèles à l'univers YIU. On vous laisse plonger dans son cerveau, il nous enverra régulièrement les avancées de son travail. N'hésitez pas à lui mailer vos commentaires, avis, etc... à ektoplasmik@yahoo.fr

 

 

NIHIL

Synopsis :

2160, Nouvelle Jérusalem.

Une étrange maladie s'abat sur la ville. Des adolescents atteints de tumeurs au cerveau sont sujets à d'étranges visions et deviennent doués de pouvoirs télépathiques et divinatoires. L'église voit en eux le renouveau de l'espèce humaine: les élus, ce qui échapperont au jugement dernier. Neti une jeune fille en prise avec des visions terrifiantes sert d'informateur à YIU qui a pour mission de dépister et d'abattre une horde de créatures androïdes d'origine inconnue qui sévissent dans les bas fonds de la Nouvelle Jerusalem.

Yiu parvient à tuer la quasi-totalité de ces créatures, pourtant, il lui reste encore une autre cible. La dernière semble plus complexe à dépister et semble avoir disparu. Ces créatures ne sont en fait, que les premiers essais d'Ante-christs artificiels. L'Eglise en est vite informée et décide de le capturer vivant.

La cible, de cache en cache, est finalement recueilli par Daka Dakaliran, un vieil ermite réfugié dans un étage désaffecté d'une immense cathédrale. Celui ci le baptisera Nihil et lui apprendra les rudiments de la vie.

Dakaliran en réalisant peu à peu la vraie nature de Nihil, décide alors de l'utiliser pour achever son œuvre un immense golem: un mélange aberrant de terre, de racine et de metal. Nihil, au terme d'un ultime affrontement avec Yiu, parvient à s'échapper et disparaîtra définitivement de la circulation, devenant ainsi le seul échec de Yiu.

 

Scénario :

Premier murmure.

La première chose dont je me rappelle est un souffle chaud et rassurant. Puis la lumière aveuglante et brutale du dehors. Une lumière assassine et abasourdissante, qui résonnait comme un cri dans chacune de mes synapses. J'aurais tout donné pour retourner au sein de la matrice et retrouver sa chaleur moite si rassurante.

Mais mes membres engourdis en avaient décidés autrement et leur douleur m'implorait de rester immobile et d'attendre que mon corps puisse enfin les reconnaître. Ce fut le cas au bout de quelques instants. Je ne saurais dire si cela avait duré des heures ou des minutes... mais je parvint enfin à contrôler l'ensemble de mon corps avec une coordination plus ou moins parfaite.

D'immenses cathédrales obsidiennes se dressaient solennellement autours de moi et m'observaient. Je le su dés les premiers instants, ce seraient eux mes parents en ce monde. Ces nefs arrogantes aux reflets sombres et mornes m'accueillaient et célébraient discrètement mon arrivée.

 

2160, 7-30 HAO

L'air vicié et opaque de la nouvelle Jérusalem donnait des airs de ville ensevelie par des eaux boueuses et troubles. Certains auraient pu croire que la fange qui coulait depuis des siècles dans les égouts les plus sales de la ville avaient réussi à envahir toute la cité. Mais, paradoxalement cela ne changeait rien à la magnificence des plus hautes demeures…et si on parvenait par chance à s'élever au-dessus des bas fonds putrides, on pouvait alors admirer les élégantes constructions ancestrales effleurer le soleil, le brouillard teinter d'un voile pourpre les plus belles statues, et les rayons écarlates du soleil qui parvenaient encore à traverser l'atmosphère souillée, colorer de somptueux reflets rougeoyant les tours les plus sombres de La Nouvelle Jérusalem.

Neti aimait par-dessus écouter les ronflements du vent qui s'enroulait autour des cathédrales, même si pour cela elle devait enfreindre les consignes des sœurs et longer dehors la corniche de sa chambre de soins. Le complexe hospitalier de St Jean était un des plus renommé de la Nouvelle Jérusalem, non par la qualité aléatoire de ses soins, mais plus particulièrement par leurs coûts exorbitants et irréalistes. Neti avait toujours était étonné par l'attention que lui porté les sœurs, comparé au lépreux qui s'accumulaient dans les halls encombrés. Elle était l'objet de tous les soins sans avoir à débourser la moindre pièce qu'elle soit en platine ou en bois… Elle avait été amenée ici, il y a à peu prés un an. Elle était alors âgée de 15 ans. Ses parents, des pouilleux fanatiques au dernier degré, s'étaient inquiété des crises de somnambulismes récurrentes de leur fille. Elle n'avait jamais su pourquoi ses troubles avaient pu susciter autant d'émotions dans sa famille. Ses parents furent convaincus que leur chair de leur chair était possédée par le démon et ils y voyaient déjà les signes annonciateurs de l'apocalypse. Mais leurs émois lui parurent plus justifiés lorsqu'elle se souvint, pour la première fois, des songes provocateurs de son somnambulisme. Des songes qui désormais, ne manquaient pas de lui rendre visite dans son sommeil. Ils lui semblaient si effrayant et si réels qu'elle crut à plusieurs reprise perdre la raison. Mais ce matin, elle était bien décidée à oublier le cauchemar qu'elle avait fait cette nuit, même si les sœurs allaient encore la harceler de questions à ce propos. Elle ouvrit grand les yeux, et elle se dit qu'elle ne voulait plus gaspiller un seul des ses instants éveillés et une seule seconde passée à écouter le chant des cathédrales.

Je connus ma première douleur aux premières lueurs du soleil. Une douleur foudroyante et noueuse qui parvint à me plier en deux. Il me fallait à tout prix me régénérer, ingurgiter, absorber. J'avais faim. Chaque cellule de mon corps palpitait et était prête à se manger entre elle. Je décidais alors de quitter ma cache. J'avais élu domicile dans un trou sombre et moite creuser par l'eau croupie des égouts qui courrait le long de la fosse. Une fosse immense dont les parois étaient recouvertes de boue grisâtre et gluante. Elle était presque déserte. Seules quelques étranges créatures y avaient élus domiciles…Elles me ressemblaient plus ou moins. Mais leur peau était plus sèche et présentait de nombreuses craquelures suintantes. La moitié de leur visage était recouverte d'excroissances humides et dégoulinantes de sang. De nombreux parasites y avaient élus domicile. Et certains ne se gênaient pas pour s'en servir de nourriture. Aucun d'entre eux ne me rebutait à vrai dire, et j'éprouvais au fur et à mesure de la tendresse pour chacun d'entre eux… Ils étaient un peu comme des frères pour moi. Une fois que j'aurais trouvé de quoi me nourrir, peut-être chercherai-je un nom pour chacun. Cela n'allait pas être facile pour trouver de quoi assouvir ma faim et je n'allais certainement pas me contenter des larves et des parasites que me proposaient généreusement mes frères. La fosse ne m'offrait comme seule et unique alternative que le mince filet de vase gorgée d'eau qui ruisselait à travers de fins sillons le long des parois. Il m'apparut très rapidement que cela ne suffirait à venir à bout de cette faim monstrueuse qui déchirait mes entrailles. Il fallait que je quitte ma fosse si accueillante et apaisante pour les hauteurs. J'avais l'intime conviction d'y trouver toute la nourriture qu'il me fallait.

 

18-35 HAO

Le seul moment de répit, qu'elle avait réussit à aménager entre deux missions, ne durait que quelques minutes. Elle retira toutes les lanières de cuirs qui caressaient et enserrait son corps. Elle était attachée au plafond de sa cellule d'habitation par un système quelque peu complexe. Yiu aimait cette sensation d'apesanteur et le contact froid des boucles en métal sur son corps. C'était pour elle le seul moyen de s'assoupir. Sans ça elle ne parvenait que très difficilement à dormir. Le vent sifflait à tue-tête contre les vitres et hurlait à travers la moindre ouverture. Les multiples ceinturons retombèrent avec fracas sur le sol en béton. Yiu se réceptionna au sol avec grâce. Il faisait froid et un léger souffle d'air lui durcit les tétons. Un doux frisson parcouru chaque centimètre de son corps. Son terminal de communication résonna, et l'intensité de la sonnerie lui signifia l'urgence de l'appel. Elle ne prit cependant pas la peine de répondre. Elle savait très précisément qui l'appelait et pour quelle raison. Elle jugea donc inutile de décrocher et se dirigea vers l'étroit couloir qui faisait office de salle de bain. Les multiples néons illuminaient d'une teinte bleutée et clinique les murs lisses et pales de son appartement provisoire. Elle se regarda fixement dans la glace et caressa la paroi froide et fêlée du miroir en espérant comme à l'accoutumée qu'un jour elle réussisse à le traverser et ainsi quitter cette réalité pervertie. Yiu était jeune pourtant son reflet contredisait son âge. Ses traits étaient déjà durs et sévères. Par miracle, aucunes rides ne s'étaient dessinées sur son visage austère. Sa peau était impeccablement blanche et immaculée. Ses yeux en amandes, impassible n'avait jamais connu le moindre sourire et encore moins le moindre rire. Leurs froideurs n'avaient d'égale que la beauté de leurs couleurs. Un vert émeraude intense et cristallin, presque inhumain. Elle ferma très fort ses yeux, essaya de toutes ses forces de se souvenir de ses rêves heureux et espera qu'un jour qu'elle n'aurait plus à se réveiller avec le vent de la Nouvelle Jerusalem hurlant à ses oreilles.

 

 

 
     
     
     
     

 

 

Le film

 

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