"Nous avons la technologie qui permettra à un homme de devenir dictateur du monde, maître absolu du ciel et de la terre. Les peuples se prosterneront devant sa puissance, et il les détruira tous. Il sera l'Antéchrist."

Miyazannauher, Leader des Paléo-Fascistes

 
     
 

 
  Les mythes de destruction du monde sont communs à presque toutes les religions. Un Dieu ou une créature d'essence divine est dépositaire du pouvoir de destruction absolue, et est le maître du chaos. Dans la tradition chrétienne, l'Apocalypse (du grec Apokalypsis qui signifie révélation, ou littéralement "la levée du voile") est un des éléments de l'eschatologie, l'étude des choses dernières et de la destinée historique.

La tradition juive contient déjà des éléments apocalyptiques. La BIBLE mentionne l'Apocalypse en de nombreux endroits, par exemple dans l'Evangile selon Saint-Matthieu:
 
 
  "Et Jésus dit:
- Vous voyez tout cela, n'est-ce pas ? En vérité, je vous le dis, il ne restera pas ici pierre sur pierre, tout sera détruit.
Et, comme il s'était assis sur le mont des Oliviers, les disciples vinrent lui demander en particulier :
- Dis-nous quand cela aura lieu et quel sera le signe de ton avènement et de la fin du monde.
Jésus leur expliqua alors les graves dangers qui les menaçaient, l'Antéchrist et toutes les perturbations qui viendraient avant la fin. Mais, avant cette fin, doit venir l'événement, un phénomène d'ordre cosmique, énoncé de cette façon par Jésus :
- Aussitôt après la détresse de ces jours-là, le soleil s'obscurcira, la lune perdra son éclat, les étoiles tomberont du ciel, et les puissances des cieux seront ébranlées.
"

L'apôtre Jean décrit ainsi l'Antéchrist:
 
  "Et je vis sortir de la bouche du Dragon, et de la bouche de la Bête et de la bouche du Faux prophète, trois esprits impurs... de démons qui font des signes et s'en vont vers les rois du monde entier, en vue de les rassembler pour la guerre du grand jour de Dieu..."

Pour l'apôtre Daniel: "Il détruira d'une façon prodigieuse, réussira dans ce qu'il fera et détruira les puissants et le peuple des saints, et à cause de son habileté, la tromperie réussira par sa main et grandira dans les curs."
 
 

 
     
 
L'Antéchrist est l'homme du mensonge, la créature de Bélial. Il sera l'épreuve suprême, car il se distinguera par des miracles inouïs alors que les hommes devront se passer des signes sensibles de la présence de Dieu et seront renvoyés à la pureté de leur foi.

Dans le texte le plus emblématique de la tradition eschatologique, l'Apocalypse de Jean, sept fléaux s'abattront d'abord sur le monde, puis le Dragon, personnifiant Satan, transmettra son pouvoir à deux bêtes, l'une sortie de la Terre, qui est le symbole de la Jérusalem terrestre, la ville corrompue, qui organisera le culte de l'autre, la créature sortie de la mer, le Faux Prophète, qui se servira d'artifices magiques pour séduire les foules.
C'est l'agneau de Dieu, le Verbe Triomphant qui viendra vaincre la Bête en la jetant dans un étang de feu. Un ciel nouveau et une terre nouvelle remplaceront l'univers ancien, et Dieu habitera désormais avec les hommes.

Les musulmans reconnaissent le même mythe de l'Antéchrist, nommé DAJJAL, mais le décrivent suivant leur propre tradition (voir
http://www.usc.edu/dept/MSA/fundamentals/hadithsunnah/bukhari/088.sbt.html ). DAJJAL est le Menteur, qui se proclamera le prophète, puis se prétendra Dieu lui-même. Il sera terrassé par
Hazrat Isa, le Mahdi descendu des cieux.
 
 

Dans d'autres traditions, au contraire, le Destructeur n'est pas la personnification du mal, il a sa place dans l'univers, il est le lien entre le Cosmos (l'ordre) et le Chaos. Ainsi, dans les traditions bouddhique et brahmanique (hindouiste), l'univers, comme l'individu, vit un cycle éternel de création/destruction, des renaissances successives ou Samsara.
Chaque période d'émergence, le "jour de Brahmâ" se divise ainsi en quatre périodes intermédiaires, les Yuga. A la fin du quatrième Yuga, survient la résorption universelle ou pralaya, par le feu et l'eau, suivie de la nuit de Brahmâ, avant le commencement d'un nouveau cycle.
 

 
 
Seul Brahmâ, le principe suprême et immuable, échappe à ce cycle. Il possède une triple incarnation, suivant qu'il devra créer, préserver ou détruire. C'est Shiva, son avatar terrible (Bhaivara), qui par la danse cosmique, le Tandava, amène le monde alternativement à l'existence et à la destruction. Shiva est le maître de l'Orage et de la chaleur créatrice, mais il possède aussi un visage bienveillant, puisqu'il est également le Maître du troupeau, qui symbolise les âmes humaines égarées.
Un autre aspect de la Divinité Suprême est Vishnu, symbole de la conservation: pendant le temps où l'univers a disparu, il rêve le monde épanoui, le maintenant intact dans sa mémoire, pour que, le moment venu, il soit recréé par Brahmâ.

Dans cette vision du monde, la destruction du monde est donc inévitable: elle est le symbole même du nécessaire cycle de la vie.
 

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